vendredi 17 février 2012

Tentative d'auto portrait...


… avec des phrases piquées çà et là au hasard de quelques lectures…
Je pardonne parce que je m’en fous.
J’ai trois maladies : la timidité, la pudeur, la politesse.
J’ai tendance à croire que parce que je combats une idée fausse, la mienne est juste.
J’ai de l’affection pour les choses qui ont été.
Ai-je plus de nerfs que de tête ?
Chaque fois que j’ai été moins égoïste, j’ai été plus malheureux.
Si je n’aime pas les départs, j’aime partir et si j’aime les arrivées je n’aime pas les retours.
Je t’aime, mais je m’aime davantage.
J’ai toujours préféré les crépuscules.
Je suis de l’étoffe dont mes rêves sont faits.

Nation building


Dans sa savoureuse ‘’Encyclopédie capricieuse du tout et du rien’’ (Belfond), Charles Dantzig nous propose la notion de ‘’nation building’’ ; construction de nation. Il crée à partir de rien sa nation idéale. Voici ses principes constitutionnels !

‘’Taisez-vous sujets.

Soit un pays de 100 000 km² sur la Méditerranée qui aura l’Angleterre pour colonie. Il sera de forma carrée, avec des fantaisies dans les marges, cicatrices romanesques de notre fastueuse histoire, et aura pour voisins, répartis en marguerite, l’Italie, le Laos, Tahiti, la Méditerranée et cette Angleterre qui n’est déparée de nous que par la rue Amory-Blaine.*

Il n’aura pas moins de quatre-vingts millions d’habitants mais, comme les Druzes du Liban, ne cherchera pas à accroître sa population. ‘’ Nous ne sommes pas un pays, mais un club’’ disent volontiers les habitants de notre nation.

On encourage les mariages avec les étrangers afin de développer la culture de nos habitants.

On peut y changer de nationalité comme de chemise. Le matin italien, à midi anglais, l’après-midi tahitien, le soir chinois, à minuit espagnol. Et, permettant qu’on s’en échappe, notre glorieuse nation fait que tout le monde rêve d’elle.

‘’Nation’’ est un mot comme ça. A proprement parler, nous sommes un petit empire réunissant, c’est exceptionnel, des peuples qui s’adorent.

Le premier ministre est étranger, pour ôter sa vanité chauvine des têtes obtuses de la plèbe. Cela sert aussi à éloigner de » l’ambition de toutes les demi-élites locales qui se portent  vers la politique par médiocrité.

Notre glorieuse nation n’a pas de relations diplomatiques avec les Pays-Bas, la France et l’Académie Goncourt. Dès qu’un régime démagogique, clownesque et funèbre à la Chavez-Ortega-Morales apparaît, notre nation rompt ses relations diplomatiques avec lui.

Nous avons de bons soldats, ce qui n’empêche pas la civilité. L’autre jour, à l’état-major, un général a dit à un autre :’’ Tu es énervé. Tu veux une brioche ?’’.

Notre nation accorde l’asile politique à tous les artistes qui le demandent. C’est ainsi qu’elle s’est enrichie de 10 000 fainéants, mais aussi de dix grands écrivains, peintres, musiciens et cinéastes qui accroissent sa gloire.

On habitue les enfants aux lectures qui ne sont ni de leur âge ni de leur pays. A 10 ans, en classe e mimosa, on apprend ‘’ces nymphes, je
veux les perpétuer’’**, ‘’Entrase el mar por un arroyo breve’’***, ‘’Voi ch’ascoltate in rime sparte il suono’’****.

Dans notre droit pénal, la susceptibilité est un crime. 90% de nos musulmans ont émigré.

Un autre crime et sévèrement puni est la pudeur. Cela vient de ce que notre plus grand pénaliste est mort vierge à 92 ans et demi, après avoir confié à son confesseur, en parlant de sa vieille gouvernante : ‘’ Je viens de lui dire ‘’je t’aime’’. Je lui avais murmuré, il y a 12 ans :’’Je suis amoureux’’, mais, entre dire ‘’je suis amoureux’’ et dire ‘’je t’aime’’, il y a un monde. On ne m’a pas appris à le visiter. La pudeur a tué ma vie après ma sœur’’. ( Sa sœur était morte d’un cancer pour avoir refusé de montrer ses organes génitaux au médecin.)

L’hiver est interdit plus de huit jours (en deux fois).

L’hymne national est :’’ Le roi, sa femme et son p’tit prince’’ :
Lundi matin, le roi, sa femme et son p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince                                 
Mais comme j’n’étais pas là, le p’tit prince a dit
Puisque c’est ainsi nous reviendrons mardi
Lundi matin, le roi, sa femme et son p’tit prince…


Notre nation est une république.

Les langues officielles sont : l’arabe pour les injures ; l’espagnol pour les blasphèmes ; le colombien pour les chansons ; l’italien pour les caresses ; le français pour la méchanceté ; le brésilien pour l’amour ; le farsi pour parler aux oiseaux ; l’anglais pour le personnel ; l’allemand pour la circulation..

Le drapeau est rose avec un profil de Grec argent. On peut en changer tant qu’on veut. Il est resté, pendant cinq ans, sous la présidence Moderato Maestoso, un torchon qu’on hissait quand on y pensait. La présidente avait choisi pour devise :’ Ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes : restons torchons (Jean Cocteau).

C’était sa devise personnelle ; La devise officielle de notre nation est :’’ Si tu penses ce que tu dois, tu ne devrais pas.’’ L’abolition du devoir date de 318 ans déjà.

L’article 2 de notre Constitution stipule que ‘’le patriotisme n’est requis qu’en temps de guerre’’

Le jour de la fête nationale est celui de la naissance de Louis Labbé, parfois de Rossini, parfois d’un ouvrier méritant tiré au sort.


Le président, élu par le parlement, est une fois sur deux une femme de plus de 80 ans à cheveux blancs…

Savoureux je vous dis…

*Amory Blaine : héros du premier roman de F.S. Fitzgerald : l'envers du Paradis.
**1er vers de L'après-midi d'un faune de S. Mallarmé
*** Vers de ''La soleda segonda'' de Luis Gòngora.
**** Vers de ''Sonnet sur la mort de Laure'' de Pétrarque.
Ce qui est bien dans ce genre de post, c'est que, si on veut savoir ce que l'on écrit, cela oblige à quelques recherches...

mardi 14 février 2012

Musique(s)

Wagner était peut-être humainement peu intéressant, Karajan un chef tyrannique et bouffi d'orgueil, Jessye Norman une diva odieusement capricieuse!!! Et alors quelle importance. Quand j'entends ça je suis transporté d'émotion...
 

Dix...

...brunes qui ne comptent pas pour des prunes...



lundi 13 février 2012

Femmes


Qui pouvait-on rencontrer dans les ''garden party'' de Gatsby cet été de 1922


Nick Carraway, son voisin, dresse la liste des invités qui ont défilé dans la propriété de Gatsby le magnifique à West Egg.

‘’ De East Egg, alors, vinrent les Chester Becker et les Leeche, et un nommé Bunsen que j’avais connu à Yale, et le Dr Webster Civet, qui s’est noyé l’été dernier dans le Maine. Et les Hornbean et les Willie Voltaire, et tout un clan portant le nom de Blackbuck, qui se rassemblaient toujours dans un coin en levant le nez comme des chèvres vers toute personne qui s’approchait d’eux. Et les Ismay, les Christie (ou plutôt Hubert Auerbach et la femme de Mr Christie) et Edgar Beaver, dont les cheveux devinrent blancs comme du coton un après-midi d’hiver, sans raison apparente disait-on.
Clarence Endive était lui aussi d’East Egg, si je me souviens bien. Il ne vint qu’une fois, vêtu d’un pantalon de golf blanc, et se battit avec une espèce de vaurien appelé Etty. D’autres venaient d’une partie plus éloignée de l’île : les Cheadles, les O.R.P.Schrader,  les Stonewall Jackson Abrams de Géorgie, les Fishguard, les Ripley Snell. Snell se montra trois jours avant d’entrer au pénitencier ; il était à ce point ivre sur le gravier de l’allée que l’automobile de Mrs Ulysses Swett lui écrasa la main droite. On vit également les Dancie, S.B. Whitebait, qui avait largement dépassé la soixantaine, Maurice A. Flink, les Hammerhead, et Beluga, l’importateur de tabac, accompagné de ses petites amies…
…Un certain Klipspringer venait si souvent et restait si longtemps qu’on le surnomma « le pensionnaire » ; je ne suis pas sûr qu’il ait eu un autre domicile. Parmi les gens de théatre, il y avait Gus Waize et Horace O’ Donovan, Lester Myer, George Duckweed, Francis Bull. D’autres aussi étaient de New York : les Chrome et les Backhisson, les Denicker, Russell Betty, les Corrigan, les Kelleher, les Dewar, les Scully, S.W. Belcher, les Smirke, les jeune Quinn, aujourd’hui divorcés,Henry L. Palmetto, qui se tua en se jetant sous une rame de métro à Times Square…
… En sus de tous ces gens, j’ai le souvenir que Faustina O’Brien est venue au moins une fois, ainsi que les filles Baedeker, le jeune Brewer, qui avait perdu son nez à la guerre, Mr Albrucksburger et miss Haag, sa fiancée, et Ardita Fitz-Peter, Mr P. Hewett, qui fut autrefois président de l’Association des anciens combattants américains, et miss Claudia Hip, en compagnie d’un homme qu’on disait être son chauffeur, et un prince de je ne sais trop quoi, qu’on appelait Duc, et dont j’ai oublié le nom, si je l’ai jamais su.
Tous ces gens sont venus chez Gatsby cet été-là.’’
Et comme on le dit dans un blog ami : Il eut été suave que l’on pensât à m’inviter…

dimanche 12 février 2012

Liste de grandes (et petites…) envies à vivre ou à revivre…

-      Une clope. Ce serait la première depuis 11 ans ! Je la fumerai le jour de mes 90 ans. Quand je n’en aurai plus rien à foutre.
 -       Un balcon sur la mer à Patmos ou sur la côte amalfitaine.
 -      Ne serait-ce qu’une fois encore redire ‘’maman’’ et sentir son regard sur moi.
 -      Coucher avec…( vous ne le connaissez pas…)
 -      Oublier que je connais Venise pour la redécouvrir avec…(vous ne le connaissez pas…), un soir de printemps  et descendre la Calle dei Fabbri pour déboucher au moment où les réverbères s’allument sur une Piazza san Marco qui ne serait peuplée que de pigeons.
 -      Une croisière sur le Nil où je n’aurais pas à descendre à terre sauf à Assouan pour regoûter à la sérénité d’une heure sur la terrasse de l’Old Cataract.
 -      Revivre cette journée de Mars 75 sur les rives du Congo sans changer une seconde ou une virgule de ce qu’il en advint.
 -      Cette soirée avec des amis dans ce gîte près de St Hyppolite du Fort, au milieu des vignes, où, de retour d’Orange où nous avions vu Rigoletto, Pierre nous avait préparé des poulets à la crapaudine sur un feu de bois dans la cheminée de la grande salle commune…
 -      La première nuit où je n’ai pas dormi seul ! Où je n’ai pas dormi du tout d’ailleurs…